La transformation des solutions des éditeurs vers le SaaS n’est plus un sujet de discussion: Oui, il faut le faire, c’est le sens de l’histoire et peut être une exigence de survie pour certains éditeurs. Par contre, les éditeurs doivent se poser les bonnes questions : Vers quel cloud se diriger ? Plusieurs cloud ? Quels sont les services à prendre en charge et ceux à externaliser ?
Une fois la réflexion terminée et le modèle économique SaaS retenu, la démarche cloud n’est pas terminée, il faut déterminer où l’éditeur met la barre du cloud sur ce qu’il gère et ce qu’il externalise. Pour symboliser cette approche, je reprendrai l’expression de Nicholas Carr dans livre “Big Switch” où il disait “Pourquoi acheter des vaches quand on a seulement besoin du lait ?” (ou de la crème, ou du beurre, ou de la fille de la fermière).
En effet, la tentation est grande pour un éditeur de décider de gérer tout l’éco-système : l’infrastructure, la boutique d’achat, le marketing, la sécurité, … Pour bien réussir sa transformation SaaS, l’éditeur ne doit pas faire du “canada-dry”, il doit répondre aux valeurs essentielles du cloud : Mutualisation, Sécurité, Auto-Provisionnement, Scalabilité, Flexibilité, Automatisation. Tout cela pour apporter au client le meilleur service au meilleur coût.
Je vais traiter dans cette article le sujet de l’infrastructure sous la forme de question / réponse. Je traiterai de la même manière dans des prochains articles la problématique de la distribution et de la valeur ajoutée des éditeurs.
Les besoins en infrastructure des éditeurs
Est-ce qu’un éditeur doit disposer de sa propre infrastructure ?
Il est évidemment toujours rassurant de maîtriser toute la chaîne, mais cela requiert des moyens pour monter une infrastructure de démarrage et capable de montée en charge. Il faut envisager un investissement (CAPEX) minimum de 250k à 500k suivant la hauteur de la barre (puissance minimale requise, niveau d’exigence de sécurité, …). Il faut également prendre en compte le coût d’administration de cette infrastructure pour la maintenir opérationnelle 7j/7j 24h/24h.
Au final, les coûts relatifs à l’infrastructure (réseaux, serveurs, …) vont se retrouver dans le coût du service au client, il convient donc de disposer de la meilleure offre de services au meilleur prix.
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- Réduire le délai de mise en place : Pas d’achat de matériel, de mise en œuvre, de test, …
- Avoir une forte capacité de flexibilité : Plus de facilité dans la gestion des capacités, la montée en charge et la réduction des moyens,
- Se concentrer sereinement sur son activité sans avoir à étendre la gestion d’activités annexes,
- Se faire accompagner dans une nouvelle démarche pour l’entreprise.
Jusqu’où l’éditeur doit-il s’impliquer dans l’infrastructure ?
La responsabilité d’un éditeur quand il publie ses solutions en mode SaaS est d’apporter une solution métier efficace, performante, sécurisée dans tous ces points l’infrastructure n’est pas à négliger. C’est pour cela qu’il convient d’avoir un premier niveau de vernis technique (ou se faire accompagner pour l’avoir dans l’équipe). Même si les éléments infrastructure sont externalisés, il faut prévoir d’avoir la capacité d’assurer le pilotage de cette infrastructure et d’anticiper les besoins pour réduire le cloisonnement entre l’application et l’infrastructure.
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- limiter les compétences opérationnelles requises dans l’entreprise pour la mise en œuvre et l’exploitation de l’infrastructure,
- avoir d’accès rapidement à des experts en cas de crise ou de prise de décision d’évolution,
- se “limiter” à un pilotage de l’infrastructure
Faut-il des services de cloud privé virtuel ou cloud public ?
La réponse à cette question est directement liée à l’activité de l’éditeur, la sensibilité des données gérées et la cible de client. Mais dans la mesure où la solution est destinée à une solution interne, un cloud privé virtuel répond par défaut car il représente une extension dans le cloud de l’infrastructure du client. Si en plus, la solution doit échanger avec d’autres outils dans l’entreprise, le cloud privé virtuel devient alors indispensable.
Le cloud public sera pour sa part plus adapté à un contexte où la relation avec les visiteurs n’est pas encore initiée, fortes (internautes, partenaires, …) et où les données ne sont pas d’une grande sensibilité.
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- Avoir le choix entre du cloud public ou du cloud privé virtuel voire du cloud hybride,
- Proposer plusieurs niveaux de sécurité à ses clients en fonction de leurs exigences
Comment choisir son fournisseur de services cloud ?
IBM a décomposé le secteur en plusieurs domaines :
- Cloud application providers : Prestataire de services SaaS,
- Cloud builders : Prestataire pour la mise en place de son propre cloud,
- Cloud infrastructure providers : Prestataire de service IaaS & PaaS,
- Cloud services solutions providers : Prestataire de services de cloud à valeur ajoutée,
- Cloud technology providers : Prestataire de services de technologies pour la mise en place d’un cloud
Le choix du prestataire doit surtout correspondre aux attentes définies, plus il sera capable de fournir des services complémentaires, plus le prestataire est pour accompagner l’éditeur dans sa démarche de transformation cloud. Il reste à choisir la hauteur de la barre.
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- Choisir un prestataire pouvant apporter rapidement des services complémentaires apporte plus d’agilité,
- Changer de prestataire (dans la limite des engagements contractuels) quand le modèle de l’éditeur évolue.
Quel niveau de sécurité faut-il implémenter ?
“Le niveau maximal bien sur !”. Il faut surtout le niveau adapté aux besoins. Faire monter le niveau de sécurité d’une solution peut être un argument marketing / commercial mais c’est implicitement au détriment du coût de la solution. Il faut trouver le meilleur équilibre. Les fournisseurs de cloud disposent d’une panoplie d’éléments de sécurité qu’ils peuvent mutualiser sur l’ensemble de leurs clients.
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- Disposer d’une vaste panoplie de solution de sécurité (VPN, Cryptage stockage, Sauvegarde, …),
- Disposer d’experts pouvant auditer la sécurité de la solution
Quelle est la qualité de service requise ?
Une solution ne s’exécute pas dans n’importe quel environnement si elle doit apporter les meilleures performances. C’est entre autre pour cela que les éditeurs sur-dimensionnaient les configurations requises. Dans le cloud, on peut retrouver une partie de ces contraintes :
- Puissance nominale des vProcesseurs
- Technologie du stockage (SAS, SATA, SSD, Cache, …)
- Performance du réseau (données et stockage)
- …
En externalisant l’infrastructure à un opérateur de cloud à valeur ajoutée, cela permet de :
- Avoir le choix dans les performances,
- Disposer de services complémentaires éprouvés (Réseau social intégré, Téléphonie, Base de connaissance, …),
- Se concentrer réellement sur son activité métier.
Avec cette petite liste de questions, on voit déjà que la mise en place d’une infrastructure n’est pas une chose simple et que les premières questions appellent souvent d’autres questions.
La position de Virtual Fanatic face aux éditeurs est de les accompagner dans leur choix en leur mettant à disposition des services liés à leur niveau de maturité dans leur relation client ou dans la cloudisation de leurs solutions.
- Vente du produit : dans le catalogue Virtual Fanatic ou une boutique dédiée ou les deux
- Accès privé : Réseau VPN PC/Mac, VPN Mobile, VPN site-à-site
- Sécurité : Sauvegarde, …
- Infrastructure : Automatisation de l’installation ou machine virtuelle déjà préparée
- Services complémentaires : Call Center, Click-to-call, Réseau social communautaire dédié
Avec des services de cloud privé virtuel, c’est l’assurance pour le client d’avoir un cloud qui corresponde à ses contraintes sans avoir à les gérer. Pour les éditeurs, c’est la capacité de rester concentrer sur leur cœur de métier.
Dans le prochain volet de cette série d’article, je vais évoquer les besoins en termes de distribution digitale des solutions des éditeurs et les valeurs ajoutées qui sont attendues de leurs clients.
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