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Les applications critiques sont-elles toutes virtualisables ?

Je pourrais pousser le curseur “laconique” au maximum et vous répondre : “Oui, évidemment”.  Mais cette réponse demande un peu plus d’explication. Mais attention, le sujet complet. Je vais même en profiter pour étendre la question à “Peut-on migrer vers le cloud ces applications critiques ?”

Toutes les entreprises, au regard de leurs activités, ne disposent pas des mêmes outils ou des mêmes criticités. On retrouve toutefois souvent, la messagerie (outil de communication), l’ERP (gestion de production), le portail client (commandes), les systèmes de production métier, … Les managers de l’IT gèrent alors cette criticité avec les moyens qu’ils ont avec la connaissance qu’ils ont des attentes de leurs clients (internes). Pas toujours facile de faire le tri quand tout le monde s’exprime en disant “mon outils est critique”. Mais c’est un autre point que je traiterai dans un autre post relatif au processus de migration.

Un outil critique ne l’est pas toujours pour les mêmes raisons. On peut attendre de la disponibilité, de la protection de données sensibles, des outils à valeur probante, … La liste pourrait être longue.

Pourquoi hésiter à virtualiser les outils critiques ?
Les principaux freins à la virtualisation des outils critiques sont les suivants :

  • La crainte du changement : Le premier frein est le manque de confiance dans la couche de virtualisation. On a un système qui fonctionne, pourquoi changer ? Ce frein est de moins en moins justifié. Les systèmes de virtualisation n’ont plus à démontrer leur fiabilité. Ils arrivent à tel niveau de maturité que ce sont les services annexes (supervision, sécurité, automatisation, …) qui font qu’une suite de virtualisation est choisie plutôt qu’une autre.
  • Le manque de puissance : Il y a une idée préconçue que la virtualisation consomme de la puissance machine. On ne peut pas le nier, mais la puissance requise ne représente aujourd’hui qu’une infime fraction de la puissance machine. D’autant moins que la puissance des machines augmentant (densification), la tendance est même à la réduction.
  • Le manque de support : Des éditeurs n’ont pas encore certifiés leurs solutions aux environnements virtualisés. Ils ne croient peut être pas en ces technologies. S’ils le font pour un, il faudrait le faire pour tous. Leurs clients n’en ont pas exprimé le besoin, … Il est vrai que virtualiser une base Oracle suspend le support. L’évolution ne peut se faire sans les éditeurs de solutions de virtualisation. Depuis quelques temps, VMWare assure le support d’Oracle. Vous ouvrez un incident chez Oracle puis VMWare et ce dernier s’engage à trouver une solution avec Oracle. La liste doit s’étendre sous la demande des clients.
  • La complexification : La virtualisation, ce sont des outils supplémentaires, de nouvelles connaissances à acquérir, des coûts supplémentaires. Pourquoi succomber à ses charmes ? De nombreuses études ont montré les gains en agilité. C’est quand même ce que demande business : plus d’agilité, moins de budget et prise en compte des contraintes business.

Il faut le faire pour les avantages suivants :

  • Plus de réactivité : Plusieurs études ont montré que la mise en production d’une solution (achat, installation, configuration) avait auparavant un délai de 6 semaines. Pour le même périmètre, on arrive aujourd’hui à 15 min. Imaginez la réduction du risque pour le business avec la réduction de ce délai sans s’inquiéter de savoir si la configuration requise par l’éditeur sera cohérente avec l’utilisation.
  • Plus d’automatisation : Un gain majeur dans une organisation est de limiter les interventions humaines (coûteuses) entre la demande et la production de la demande. Dès leur conception, les outils de virtualisation ont intégré une couche d’accès via des APIs. Les actions répétitives peuvent ainsi être rapidement et facilement automatisées.
  • Meilleure utilisation des ressources : L’adage “X serveurs (physiques) pour cette application” est encore de mise. Les systèmes n’ont pas tous besoin en même temps de la puissance maximale. La virtualisation permet de supprimer ces silos de puissance pour passer de 10% (moyenne d’utilisation de serveurs physiques) à plus de 80%. 
  • Plus d’opportunité : Une infrastructure de serveurs, c’est plus de capacité d’adaptation. C’est le moyen de répondre à de nouvelles contraintes avec moins de moyens : Plan de reprise d’activité, Monter des environnements de test temporaires, Migration dans le cloud, Optimisation des sauvegardes, …

En conclusion à la question initiale, je dis qu’il faut donc virtualiser à tour de bras. Il faut partir du fait qu’il n’y a pas de systèmes “protégés” de la virtualisation et les exceptions y passeront quand même à terme. Les infrastructures serveurs à 100% virtuelles sont maintenant très fréquentes. Maintenant, on commence même à virtualiser sur les téléphones portables.

En seconde étape pourquoi ne pas migrer dans le cloud les outils critiques ?

La question est évidemment cruciale dans ces temps où le cloud computing semble être un choix incontournable. Les études de cabinet réputés (IDC, Garner, …) ont présenté un ensemble de gains et la migration peut être tentante. On pourrait imaginer ici le cas des applications critiques que l’on acquière suivant un modèle SaaS (logiciel loué) ou alors ses propres applications (développées maison ou d’éditeur) qui pourraient être hébergées sur une infrastructure IaaS (infrastructure louée). C’est ce dernier cas que je vais traiter car il est comparable avec la pratique courante.

Que vous ayez ou pas virtualité toute votre infrastructure des applications critiques, vous pouvez vous demander si l’externalisation dans un cloud hybride ou un cloud privé virtuel se justifie par rapport à vos besoins et vos contraintes. Voici quelques éléments de réflexion.

Vous pouvez externaliser votre service pour des raisons de :

  • Coût : Vous avez fait vos calculs, le coût de votre machine virtuelle ou votre Go de stockage mensuel est moins élevé chez le partenaire identifié. Pour répondre à l’exigence de réduire les prix, vous décidez de migrer tout ou que les nouvelles applications critiques soient externalisées.
  • Performance réseau : Votre entreprise est multisite et votre application doit être accessible par tous. La bande passante requise est élevée comme son coût pour l’avoir disponible sur votre site. L’externalisation chez un prestataire de cloud va permettre l’achat de bande passante à un prix plus acceptable (achat en gros, mutualisation d’équipements et d’expertise, …). Pour des utilisations mondiales, des prestataires de cloud disposent d’implantations réparties. Il devient alors possible de synchroniser les systèmes critiques pour apporter un accès à proximité.
  • Sécurité : La garantie de la bonne sécurisation des données nécessite le déploiement de ressources de sécurité où les coûts et l’expertise nécessaire freinent le projet.
  • Compétences : Plutôt que d’augmenter les compétences techniques pour assurer le service par vos équipes, il est préférable de le localiser dans le cloud. Ainsi votre équipe sera plus réactive aux demandes métiers car elles seront plus disponibles.
  • Disponibilité : Afin d’assurer la disponibilité, les équipements doivent être redondés. Il faut un cluster du routeur, des firewalls, des services d’applications, de la base de données, des données elles-mêmes, … Les prestataires de services de cloud ont déjà mis en œuvre leurs solutions de redondances, vous n’avez plus qu’à en bénéficier.
  • Performance de stockage : Avec l’augmentation de la puissance des processeurs, le stockage devient un goulot d’étrangement. L’externalisation de votre infrastructure permet de choisir un prestataire où différentes qualité de services du stockage seront disponibles.
  • Flexibilité de puissance : Vous avez des moments où le nombre d’utilisateurs franchis la capacité de votre infrastructure. Le cloud permet d’avoir de la flexibilité. Vous avez besoin de plus de services : augmentez la taille du cluster. C’est très rapide ou alors déjà automatisé.

La question de l’externalisation dans le cloud des applications critiques est bien plus sensibles que la simple virtualisation car il est toujours difficile d’accepter de déléguer ce que l’on connaît quand la sensibilité de l’information est forte. Au final, la seule question qui subsiste est la suivante : “Puis-je faire confiance à un tiers extérieur ?” Avec une réponse affirmative à cette question, la suite du processus deviendra plus simple sans qu’il s’agisse d’une autoroute.

Dans de prochains articles, j’attaquerai les étapes suivantes liées à la migration vers le cloud compting des applications critiques ? Car de nombreuses questions se posent :

Comment choisir son prestataire ? A ce propos, j’ai récemment énuméré comment on devait choisir son prestataire. Les règles restent les mêmes. Nous préparons un questionnaire qui vous permettra de vous accompagner dans votre sélection. Sortie : Juin 2012.

Quels sont les besoins ? Chacun étant différent, il convient de savoir quelles sont les ressources essentielles.

Comment organiser la migration ? Il faut assurer une migration des services critiques quand rupture du service.

Comment gérer les risques et la gouvernance des ressources externalisées ? Ce n’est pas parce qu’elles sont externalisées qu’il ne faut plus suivre et mettre en place une gouvernance.

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